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L'article qui a donné son nom au blog concerne directement la profession de psychothérapeute :
Psychothérapeute, ni plus, ni moins

Mes activités de psychothérapeute: Je me consacre aux groupes, aux familles et aux couples.
Ainsi qu'à la transmission de la psychothérapie à travers conférences, articles et formations.
  

 

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  • Marie-José SIBILLE
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  • Psychothérapeute, mère de trois enfants, femme,citoyenne décroissante,adepte de la complexité de l'homme, de la protection de l'environnement, et de la liberté d'être et de penser.

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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 14:56

Et faisons la révolution !

Brûlons le bonhomme Carnaval gras et repu, et, comme dans le rite du « San Pançart » béarnais, lançons contre lui et son épouse à la bêtise insondable, une horde de brigands et de voleurs au grand cœur, dans l’esprit de Robin des Bois, en chantant haut et fort pour que justice se fasse….

Brûlons les bonhommes Hiver des carnavals nordiques, avides, aux doigts crochus, jetons-les au feu avec toute la misère morale, le repli mesquin et l’avarice qu’ils représentent.

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En plein hiver, l’individu ne survit pas seul, sauf à être un ours, de ceux que   racontent les anciennes légendes, les « Jean de l’ours », les hommes revêches et coupés du monde, qui survivent dans la forêt.

La famille non plus ne suffit pas. Nous pouvons nous réfugier autour du feu du foyer, mais si la loi n’existe pas, les loups rodent bien près de la porte; si le service public disparaît,  l’énergie n’est  bientôt plus suffisante pour chauffer la maison, la neige envahit les routes qui se dégradent vite, nous sommes coupés du monde ; le petit et le vieillard meurent de faim et de froid, sans hôpitaux pour les soigner. Voilà pourquoi l’hiver nous apprend la solidarité. Ou plus exactement, elle apprend la solidarité au peuple, et la charité aux puissants.

Cette attention portée à l’innocent, au fragile, au petit, nous la trouvons dans les intitulés des fêtes de Carnaval : fête des innocents, des aliénés, des ânes, fête où les femmes ont exceptionnellement le droit de faire la fête, fête où le roi perd la tête et ou le fou devient roi. L’ordre du monde social s’inverse : pour certains, c’est le signe du chaos et du péché; pour d’autres, c’est un signe de régénération et de justice immanente. Nous en avons besoin dans l’hiver des sociétés, ou l’obésité repue des puissants, leur indifférence et leur déni,  leurs dépenses somptuaires, nous semblent  insupportables.

La force du rituel, c’est aussi à l’intérieur de nous qu’elle agit : la colère et la joie sont deux émotions « chaudes », qui font obstacle au froid de la tristesse et de la peur. En préparant nos masques de Carnaval, nous nous autorisons à exprimer notre colère et à réveiller notre énergie vitale. En brulant le bonhomme Hiver décharné, ou le bonhomme Carnaval bouffi, nous pouvons aussi brûler notre haine, notre impuissance, notre avidité, notre avarice, les transformer en forces, réchauffer nos sentiments gelés, et finir en contactant la joie qui fait fondre les glaces.

Ces moments clés du rythme des saisons sont marqués par des fêtes dans tous les calendriers du monde; ils nous aident à prendre soin du vivant, à l’extérieur comme à l’intérieur de nous. Nul besoin pour cela d’être croyant, encore moins pratiquant d’une liturgie particulière. En plein hiver, la graine dort et prend des forces, les travaux des champs ne mobilisent aucune énergie ; c’est l’heure pour l’homme du nettoyage et de la purification.  Le cycle de Carnaval commence au Solstice d’Hiver, la nuit la plus longue de l’année. Il trouve son apogée au Mardi Gras, avant de laisser place au Carême, les 40 jours de jeûne après les débordements des « jours gras ». Rappelons que Carnaval signifie « enlever la viande ». Les hommes se souviennent plus de l’abstinence que des débordements qui l’ont précédée, mais l’une est inséparable de l’autre.

Aujourd’hui dans la même année, certains font gras au quotidien, alors que d’autres vivent 365 jours de privations. Ne vaut-il mieux pas alterner jeûne et abondance pour tous ?  Dans le temps du calendrier plutôt que dans l’espace social ?

Par Marie-José SIBILLE - Publié dans : Le quotidien, c'est pas banal ... - Communauté : "Psychologie interdite"
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